La bonne résolution de l'année, applicable au quotidien et au bureau : "Save as WWF, save a tree".
J'aime ce projet car WWF propose quelque chose de concret, très ancré dans le quotidien de nombreux consommateurs (tout ceux qui travaillent sur un ordinateurs...), quelque chose d'utile. C'est très innovant. On passe ici d'une posture moralisatrice et alarmiste (voire culpabilisante, on a vu des campagnes assez gores) à une complicité et une relation de service au public. Plutôt que d'essayer de nous informer et de nous convaincre - ce qui est largement réalisé concernant la déforestation- elle nous permet d'appliquer nos convictions et d'agir. Une véritable mobilisation, plus utilise que les manifs ou les appels à retirer son argent des banques !
En terme de moyen, cette innovation n'est pas onéreuse.
- développer un software, ce qui ne semble pas ultimement compliqué (et quand on voit toutes les applications Facebook/ mobiles ludiques développées par les marques..)
- réaliser une vidéo (avec une version anglaise)
- créer des pages et liens Facebook et Twitter, évidemment...
Ce genre de contenu est parfait pour un "buzz" car il s'inscrit dans les usages et conversations de bureaux. Elle cible aussi bien les particulier dans leur vie professionnelle ou privée que des entreprises qui mettent leur documents à disposition sur le web. Or qui n'a pas envie de communiquer du "green" en ce moment ?
Last but not least, c'est un tour de force en terme de branding car la marque devient le nom d'un format... Or le nom de l'association s'y prête parfaitement. Elle utilise son sigle, qui peut sembler difficile à comprendre ou un peu froid (vs Greenpeace par exemple, beaucoup plus évocateur et aspirationnel), et fait de ce point faible un atout massif. Avez-vous compté le nombre de fois par jour où vous utilisez les noms d'extensions et de logiciels ? "Tu peux m'envoyer ton Xcel ?" "Le client voudrait un PPT dans la journée" "Je lance une invitation Outlook", sans compter les dérivés comme : "Je n'arrive pas à pédéaifiser mon fichier" ! Plus on répète, plus on retient, plus la marque est "top of mind"... C'est la mécanique ancestrale de la pub.
Cette nouvelle utilisation de la marque WWF, déjà très connue, apporte de la familiarité et ancre l'utilité de la marque dans un usage quotidien. WWF, ce n'est plus qu'un institution, c'est aussi quelque chose que j'ai dans mon ordinateur. Dès le début de la vidéo, on se retrouve en terrain connu, le mode de communication habituel d'une ONG pour l'environnement, mais rapidement apparaissent des icônes familières... Enfin ces deux univers de signes sont rassemblés dans le logo du format WWF : un arbre stylisé avec le petit cartouche similaire à PDF.
Bravo WWF et... à votre tour :
http://www.saveaswwf.com/en/how-can-i-participate.html
Spécial dédicace à la tribu Verfaillie, mes écolos préférés (oui, c'est Noël, c'est dédicace.)
Affichage des articles dont le libellé est web. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est web. Afficher tous les articles
30/01/2011
Best of NON PROFIT : Save As WWF
Libellés :
buzz,
déforestation,
innovation,
non profit,
viral,
web,
WWF
25/11/2010
Contre les violences faites aux femmes
Aujourd'hui jeudi 25 novembre, c’est la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Un peu d'actu, donc, pour changer !
Ni Putes ni Soumises lance une opération "Toutes en Jupes !" encourageant les femmes à oser affirmer leur féminité et leur liberté. Bien sûr l'association propose aussi des débats, une vente aux enchères dont les recettes financeront des « appartements-relais », et une expo-vente des photos de filles des quartiers.

Je ne suis pas en jupe aujourd'hui mais je trouve cette initiative plutôt intéressante. On a toujours plus peur d'attirer le regard, et éventuellement l'agressivité des hommes, quand on porte une jupe. Le pantalon uniformise les silhouettes, permet de passer inapperçue et de se sentir protégée. Et que dire des joggings XXL des filles des "cités", voire du voile...?
Ce qui est intriguant, c'est que dans les années 1960, les femmes se sont battues pour porter des pantalons, symbole de la liberté masculine, qui leur permettait de bouger, travailler, faire du sport... C'était l'époque de l'égalité par la conquête des symboles masculins. L'égalité par la ressemblance. Enfin, on a vu beaucoup de minijupes aussi dans ces années-là... Symbole de libération sexuelle, tout comme l'abandon des sous-vêtements rigides ! Que penseraient les femmes de ces années-là d'une Lady Gaga, qui se promène en petite culotte mais corsetée de cuir ?
La Fédération Nationale Solidarité des Femmes (FNSF) lance de son côté une campagne beaucoup plus trash... Un spot sur la responsabilisation des proches ou des témoins de violences conjugales. Le slogan ? "Violences conjugales se taire c'est participer." (agence W&Cie).
Il y a également une série de spots radio sur le même thème, mettant en scène des personnes qui entendent une femme se faire violenter et qui poursuivent leur conversation, comme si rien ne s'était passé. Ces campagnes sont fortes et leur propos et juste. Simplement, elles devraient aussi informer le public sur ce qu'il faut faire si, effectivement, on a connaissance d'un cas de violence. Il ne s'agit pas seulement de choquer et d'interpeller mais aussi de mobiliser.
Cette année une autre campagne chez nos voisins néerlandais a fait beaucoup parler d'elle. Il s'agit d'une communication du Ministère de la Justice et de la Santé. La campagne est basée sur le lancement d'une nouvelle marque, MySecretCosmetics, proposant des produits pour camoufler les traces de coups... Le dispositif comporte un webshop factice, et le message a été relayé en TV et radio.


Alors, manifestation symbolique, responsabilisation en mode trash ou humour ? Tous les moyens sont bons pour faire changer la situation...
Ni Putes ni Soumises lance une opération "Toutes en Jupes !" encourageant les femmes à oser affirmer leur féminité et leur liberté. Bien sûr l'association propose aussi des débats, une vente aux enchères dont les recettes financeront des « appartements-relais », et une expo-vente des photos de filles des quartiers.
Je ne suis pas en jupe aujourd'hui mais je trouve cette initiative plutôt intéressante. On a toujours plus peur d'attirer le regard, et éventuellement l'agressivité des hommes, quand on porte une jupe. Le pantalon uniformise les silhouettes, permet de passer inapperçue et de se sentir protégée. Et que dire des joggings XXL des filles des "cités", voire du voile...?
Ce qui est intriguant, c'est que dans les années 1960, les femmes se sont battues pour porter des pantalons, symbole de la liberté masculine, qui leur permettait de bouger, travailler, faire du sport... C'était l'époque de l'égalité par la conquête des symboles masculins. L'égalité par la ressemblance. Enfin, on a vu beaucoup de minijupes aussi dans ces années-là... Symbole de libération sexuelle, tout comme l'abandon des sous-vêtements rigides ! Que penseraient les femmes de ces années-là d'une Lady Gaga, qui se promène en petite culotte mais corsetée de cuir ?
La Fédération Nationale Solidarité des Femmes (FNSF) lance de son côté une campagne beaucoup plus trash... Un spot sur la responsabilisation des proches ou des témoins de violences conjugales. Le slogan ? "Violences conjugales se taire c'est participer." (agence W&Cie).
Il y a également une série de spots radio sur le même thème, mettant en scène des personnes qui entendent une femme se faire violenter et qui poursuivent leur conversation, comme si rien ne s'était passé. Ces campagnes sont fortes et leur propos et juste. Simplement, elles devraient aussi informer le public sur ce qu'il faut faire si, effectivement, on a connaissance d'un cas de violence. Il ne s'agit pas seulement de choquer et d'interpeller mais aussi de mobiliser.
Cette année une autre campagne chez nos voisins néerlandais a fait beaucoup parler d'elle. Il s'agit d'une communication du Ministère de la Justice et de la Santé. La campagne est basée sur le lancement d'une nouvelle marque, MySecretCosmetics, proposant des produits pour camoufler les traces de coups... Le dispositif comporte un webshop factice, et le message a été relayé en TV et radio.
Alors, manifestation symbolique, responsabilisation en mode trash ou humour ? Tous les moyens sont bons pour faire changer la situation...
Libellés :
campagne,
femme,
Ni Putes ni soumises,
non profit,
radio,
télévision,
violence,
web
12/11/2010
Best of NON PROFIT : Obésité
Tandis que la faim continue de tuer, l'obésité est l'un des problèmes de santé publique majeurs en Occident. Le département pour la Santé de New York s'est mis au "shokvertising" et a publié deux campagnes sur cette thématique.
Il avait frappé très fort l'an dernier avec son spot TV :
Et il réédite le dispositif cette année en affichage et avec un nouveau spot :
Plutôt efficace non ? Le premier est vraiment gore et joue sur la provocation pour déclencher la prise de conscience. Le second me semble plus subtil : le cadre et l'actions sont davantage réalistes. On joue ici sur les habitudes de consommation et le regard social sur elles. C'est très cool de boire un soda mais cet homme qui avale des sachets de sucre se discrédite à l'égard de ses voisins.
J'ai une proposition pour le troisième volet, autour de la situation du tapis de caisse : à la caisse du supermarché, chacun regarde ce que son voisin achète... On pourrait mettre en scène une mère de famille qui achète des blocs de saindoux, du sucre par 5kg et du sel au lieu des pommes de terres préfrites et autres knacks... Evidemment ce serait très culpabilisant, mais l'Australie avait fait bien pire avec sa campagne publique "Break the habit" comparant le junk food à une drogue (vidéo introuvable à date, si vous la retrouvez je suis preneuse !).
Il avait frappé très fort l'an dernier avec son spot TV :
Et il réédite le dispositif cette année en affichage et avec un nouveau spot :
Plutôt efficace non ? Le premier est vraiment gore et joue sur la provocation pour déclencher la prise de conscience. Le second me semble plus subtil : le cadre et l'actions sont davantage réalistes. On joue ici sur les habitudes de consommation et le regard social sur elles. C'est très cool de boire un soda mais cet homme qui avale des sachets de sucre se discrédite à l'égard de ses voisins.
J'ai une proposition pour le troisième volet, autour de la situation du tapis de caisse : à la caisse du supermarché, chacun regarde ce que son voisin achète... On pourrait mettre en scène une mère de famille qui achète des blocs de saindoux, du sucre par 5kg et du sel au lieu des pommes de terres préfrites et autres knacks... Evidemment ce serait très culpabilisant, mais l'Australie avait fait bien pire avec sa campagne publique "Break the habit" comparant le junk food à une drogue (vidéo introuvable à date, si vous la retrouvez je suis preneuse !).
Libellés :
affichage,
alimentation,
food,
junk food,
non profit,
nutrition,
soda,
télévision,
viral,
web
28/10/2010
Docteur Tomate, aliment santé qui décoiffe
Docteur Tomate, c'est un nouveau ketchup qui favorise la repousse des cheveux. Si vous êtes chauves et goinfres, ce produit est fait pour vous.
Bon, d'accord, ce produit n'existe pas. Mais c'était presque crédible : la tomate est une chouchoute de la cosmétique car elle a des vertus antioxydantes. Enfin s'adresser aux hommes (le ketchup et la calvitie, c'est pour les hommes, non ??!!) avec une promesse pareille, c'était louche. Et la mention "aide activement", je ne vois pas quel service juridique aurait laissé passer ça (tous les claims doivent être démontrés par une étude scientifique).
Ce fake est une campagne de ByAgency pour le nouveau site communautaire (DocteurTomate.com) pour décrypter les promesses santé des produits. Ils ont même créé des petits avatars pour permettre aux futurs consommateurs de Docteur Tomate de s'identifier à leurs futures crinières...
Ce fake est une campagne de ByAgency pour le nouveau site communautaire (DocteurTomate.com) pour décrypter les promesses santé des produits. Ils ont même créé des petits avatars pour permettre aux futurs consommateurs de Docteur Tomate de s'identifier à leurs futures crinières...
20/10/2010
Devinette
Qu'est-ce que ce clip ??
Réponse A : un clip pour le prochain tube de l'automne
Réponse B : un remix d'un tube des années 1980 par une bande d'étudiants survoltés
Réponse C : une pub pour une marque très célèbre
Zéro logo, pas de message sur une promesse de marque, un produit, un évènement... Cette vidéo suprenante circule sur le web. Elle a été diffusée en Angleterre, apparemment avant The X Factor c'est à dire en prime time !!
Indice : passez votre souris sur la vidéo et cliquez sur les liens qui apparaissent...
Réponse : Hé oui, ceci est une pub pour Ikea ! Sans en avoir conscience vous avez vu des dizaines de produits Ikéa défiler sous vos yeux dans une abiance conviviale et festive... ça donne envie de les inviter chez vous, non ? Ce spot est une création de l'agence Mother de Londres, en lien avec un site web dédié à la cuisine. Discrète, user-minded, esthétique, non segmentante, cette campagne est non seulement très sympathique mais aussi très intelligente.
Libellés :
ikea,
musique,
nouveau media,
publicité,
télévision,
web
18/10/2010
Dior vs Chanel : le parfum fait sont cinéma / comme un parfum de cinéma
Le cinéma marche (encore) et inspire (toujours) le luxe !
Ce n'est pas une source d'inspiration très nouvelle pour l'univers du luxe et le parfum en particulier.
Yves Saint Laurent a même sorti un parfum féminin baptisé Cinéma tout simplement...
Dior, avec son Dior Homme incarné par Jude Law, s'offre un court métrage tourné en 35 mm par Guy Ritchie intitulé Rendez Vous. Un homme, une femme, du noir, Paris. Voici un film classique et maîtrisé dans une ambiance ultra chic et un brin rétro (cf le téléphone et la voiture en particulier). Cet opus s'inscrit dans le même état d'esprit que la collaboration avec Marion Cotillard. Cette opération (KR Media) est bien réglée dans ses moindres détails, avec des affiches de cinéma dans le hall des salles UGC et une diffusion (version 1 minute) après les bandes annonces de cinéma, qui le distingue des publicités. La version 5 minutes est visible sur le web.
Chanel, avec Bleu de Chanel sous les traits de Gaspard Ulliel, a fait beaucoup de bruit également avec un film réalisé par Martin Scorsese, rien de moins ! Chanel avait déjà travaillé avec Jean Pierre Jeunet et Ridley Scott... Tourné à New York, une tonalité tout aussi nocturne que le Dior mais nettement plus moderne, avec un décor très urbain et une conférence de presse entre réalisme et fantastique.
Dans les deux campagnes l'over-starisation laisse de la place à une vraie dimension artistique. L'amour du cinéma n'est pas qu'un prétexte et l'élegance est au rendez-vous. Au final, deux très belles campagnes luxe avec une vraie dimension internationale. Et je dois dire que ces deux hommes magnifiques qui doutent dans leurs costumes trop bien coupés, touchés par des femmes, c'est une vision de la masculinité contemporaine à laquelle j'adhère !
Ce n'est pas une source d'inspiration très nouvelle pour l'univers du luxe et le parfum en particulier.
Yves Saint Laurent a même sorti un parfum féminin baptisé Cinéma tout simplement...
Mais c'est du côté des hommes que le cinéma s'impose en ce moment, avec deux grands rivaux sur les écrans :
Chanel, avec Bleu de Chanel sous les traits de Gaspard Ulliel, a fait beaucoup de bruit également avec un film réalisé par Martin Scorsese, rien de moins ! Chanel avait déjà travaillé avec Jean Pierre Jeunet et Ridley Scott... Tourné à New York, une tonalité tout aussi nocturne que le Dior mais nettement plus moderne, avec un décor très urbain et une conférence de presse entre réalisme et fantastique.
Dans les deux campagnes l'over-starisation laisse de la place à une vraie dimension artistique. L'amour du cinéma n'est pas qu'un prétexte et l'élegance est au rendez-vous. Au final, deux très belles campagnes luxe avec une vraie dimension internationale. Et je dois dire que ces deux hommes magnifiques qui doutent dans leurs costumes trop bien coupés, touchés par des femmes, c'est une vision de la masculinité contemporaine à laquelle j'adhère !
11/10/2010
Vuitton, Burberry, en tête de l'innovation média des défilés
La mode se démocratise et les défilés reservés à une élite VIP deviennent aujourd'hui des évènements qui mobilisent une communauté plus large, acheteurs ou simples admirateurs. Depuis quelques années les maisons de couture permettent à tous de suivre les shows gràce aux nouveaus médias. Le deux grands leaders de cette tendance sont Louis Vuitton et Burberry qui se sont particulièrement distingués pour les récents défilés Printemps/Eté 2011.
- Cette année, le premier a offert à ses fans une présentation 360° de tous les modèles sur les podiums sur sa page Facebook The Art of Travel.
- Christopher Bailey a proposé un défilé vidéo en live de sa collection Burberry Prorsum "Heritage Biker" avec un live stream de commentaires, assorti de Tweets sur le backstage. La marque innove également en proposant à ses clientes de commander dès la fin du défilé, avec une livraison dans les sept semaines (d'habitude il faut attendre des mois pour acheter ce qui défile), via un device sur IPad lors du défilé.
Les deux dispositifs ont été bien relayés sur les médias féminins print et web et semblent avoir fait le plein lors de la diffusion des images. La collection de Marc Jacobs pour Vuitton, inspirée du Shangai des années 20, a été jugée trop "couture" et peu mettable (j'adore), et le défilé Burberry Prorsum trop commercial... Jamais contents ces rédacteurs de mode. Les fans devraient contre-balancer ces critiques.
EDIT :
DDB et Opinionway viennent de publier des extraits de leur étude "Fans de Marques" sur les relations entre les marques et Facebook. Effectuée dans 6 pays, elle révèle que :
- L'âge moyen des internautes fans de marque sur Facebook est ainsi de 31 ans
- 43% d'entre eux se connectent plusieurs fois par jour et ils suivent en moyenne 9 marques.
- Près de la moitié d'entre eux (49%) explique suivre une marque pour obtenir du divertissement.
- Ils recherchent un traitement privilégié (95%) - allant des avantages promotionnels (41%) à l'obtention de contenus exclusifs (28%) en passant par la possibilité de donner son avis sur la marque ou de s'en faire l'ambassadeur.
Toutes choses que visiblement les précurseurs ci-dessus avaient déjà bien compris !
(source : Le Figaro)
- Cette année, le premier a offert à ses fans une présentation 360° de tous les modèles sur les podiums sur sa page Facebook The Art of Travel.
- Christopher Bailey a proposé un défilé vidéo en live de sa collection Burberry Prorsum "Heritage Biker" avec un live stream de commentaires, assorti de Tweets sur le backstage. La marque innove également en proposant à ses clientes de commander dès la fin du défilé, avec une livraison dans les sept semaines (d'habitude il faut attendre des mois pour acheter ce qui défile), via un device sur IPad lors du défilé.
Les deux dispositifs ont été bien relayés sur les médias féminins print et web et semblent avoir fait le plein lors de la diffusion des images. La collection de Marc Jacobs pour Vuitton, inspirée du Shangai des années 20, a été jugée trop "couture" et peu mettable (j'adore), et le défilé Burberry Prorsum trop commercial... Jamais contents ces rédacteurs de mode. Les fans devraient contre-balancer ces critiques.
EDIT :
DDB et Opinionway viennent de publier des extraits de leur étude "Fans de Marques" sur les relations entre les marques et Facebook. Effectuée dans 6 pays, elle révèle que :
- L'âge moyen des internautes fans de marque sur Facebook est ainsi de 31 ans
- 43% d'entre eux se connectent plusieurs fois par jour et ils suivent en moyenne 9 marques.
- Près de la moitié d'entre eux (49%) explique suivre une marque pour obtenir du divertissement.
- Ils recherchent un traitement privilégié (95%) - allant des avantages promotionnels (41%) à l'obtention de contenus exclusifs (28%) en passant par la possibilité de donner son avis sur la marque ou de s'en faire l'ambassadeur.
Toutes choses que visiblement les précurseurs ci-dessus avaient déjà bien compris !
(source : Le Figaro)
Libellés :
burberry,
facebook,
luxe,
mode,
nouveau media,
réseaux sociaux,
vuitton,
web
04/10/2010
BEST OF NON PROFIT : Powa
Un spot vu au cinéma (MK2) de l'association sud-africaine POWA (People Opposing Women Abuse) qui est dans la lignée de celle de Ni Putes Ni Soumises, une veine très réaliste et impliquante, entre documentaire et "real TV" jouant sur la position de spectateur (Ogilvy S-A).
Libellés :
femme,
media,
non profit,
Ogilvy,
télévision,
violence,
web
28/09/2010
La taille mannequin c'est démodé
Spotté sur le blog de la célèbre et sympathique Big Beauty, ce visuel pour une marque de lingerie :
J'ai vu cette campagne en 4x3 en banlieue parisienne, elle m'avait tout de suite interpellée... J'avoue qu'on premier abord je n'avais pas bien compris de quoi il s'agissait ! La marque s'appelle "Sans Complexe", je ne la connaissais pas. Ce nom pourrait tout aussi bien renvoyer à une asso, ou un site promotionnel pour une autre marque... Entre les débats sur les (mes)usages de Photoshop et les magazines féminins se targuant de faire poser des fille "rondes" (i.e. au delà de la taille 34), je trouve cette affiche fort bienvenue : simple, directe, et pleine de bonne humeur !!
Cette opération comporte aussi un site web. Le design est à la fois chic et pétillant, l'éditorial de qualité et très vivant ("bons plans", interview...). Je ne suis pas dans la cible et j'adhère !!
J'ai vu cette campagne en 4x3 en banlieue parisienne, elle m'avait tout de suite interpellée... J'avoue qu'on premier abord je n'avais pas bien compris de quoi il s'agissait ! La marque s'appelle "Sans Complexe", je ne la connaissais pas. Ce nom pourrait tout aussi bien renvoyer à une asso, ou un site promotionnel pour une autre marque... Entre les débats sur les (mes)usages de Photoshop et les magazines féminins se targuant de faire poser des fille "rondes" (i.e. au delà de la taille 34), je trouve cette affiche fort bienvenue : simple, directe, et pleine de bonne humeur !!
Cette opération comporte aussi un site web. Le design est à la fois chic et pétillant, l'éditorial de qualité et très vivant ("bons plans", interview...). Je ne suis pas dans la cible et j'adhère !!
23/09/2010
Best of NON PROFIT : Ni Putes Ni Soumises
Je commence un petit best of thématique, je soutiens une association et, bien sûr, les campagnes "non profit" m'intéressent particulièrement.
Ni Putes Ni Soumises défend une cause qui me touche beaucoup, mais sa surmédiatisation lui donne un visage parfois démago à mes yeux... Trop de polémique tue le message ? Leur communication récente m'a donné une nouvelle vision. Deux de leur apparitions, sur nos murs et sur nos écrans :
J'ai remarqué leur campagne d'affichage au début de l'été (réalisée gracieusement par BETC Euro RSCG) simple, efficace et impactante. Elle est très graphique et évite le misérabilisme, tout en montrant le paradoxe au coeur de la violence conjugale : on ne bat pas sa compagne parce qu'on ne l'aime pas, mais parce qu'on l'aime... mal.
Leur campagne web (Publicis) sortie tout récemment est encore plus forte. Elle est basée sur un site qui plagie "chatroulette". Je ne vous spoile pas le choc, mais vous recommande d'aller sur le site de la campagne : http://doyouchat.com/
J'espère qu'elle va faire du buzz.
Spotté sur le blog du Flaneur Digital.
Ni Putes Ni Soumises défend une cause qui me touche beaucoup, mais sa surmédiatisation lui donne un visage parfois démago à mes yeux... Trop de polémique tue le message ? Leur communication récente m'a donné une nouvelle vision. Deux de leur apparitions, sur nos murs et sur nos écrans :
J'ai remarqué leur campagne d'affichage au début de l'été (réalisée gracieusement par BETC Euro RSCG) simple, efficace et impactante. Elle est très graphique et évite le misérabilisme, tout en montrant le paradoxe au coeur de la violence conjugale : on ne bat pas sa compagne parce qu'on ne l'aime pas, mais parce qu'on l'aime... mal.
Leur campagne web (Publicis) sortie tout récemment est encore plus forte. Elle est basée sur un site qui plagie "chatroulette". Je ne vous spoile pas le choc, mais vous recommande d'aller sur le site de la campagne : http://doyouchat.com/
J'espère qu'elle va faire du buzz.
Spotté sur le blog du Flaneur Digital.
Libellés :
affichage,
BETC Euro RSCG,
chatroulette,
femme,
Ni Putes ni soumises,
non profit,
violence,
web
20/09/2010
Shang Xia, marque chinoise d'Hermès
Après beaucoup de mystère et d'attente, Shang Xia, nouvelle marque d'Hermès, a ouvert sa première boutique à Shanghai. 123 m² sur Huaihai Road, temple du luxe et des marques occidentales. Et après ? Après, peut être Pékin et Paris... Et sans doute d'autres villes de la Chine de l'intérieur.
Entourée d'une discrétion impériale, Shang Xia, qui signifie "dessous-dessous" ou "haut-bas" en mandarin, est une marque 100% luxe et 100% made in China.
Extraits de la collection (trouvés sur le Figaro Madame)
Lancer une marque de luxe ?? Voici qui peut sembler étrange. En effet, chez nous, les marques de luxe sont souvent anciennes, et nées d'une alchimie, souvent d'une audace inouïe à l'époque ou d'un savoir faire ancestral. C'est d'ailleurs la première fois qu'Hermès lance une marque. Un paris fou ? Une réaction de bon sens ? Les avis sont partagés...
La maison parisienne avait jusque là misé sur son patrimoine. Mais pour séduire les Chinois, dont les attentes sont très différentes, il faudrait produire d'autres articles, et d'autres gammes. Créer une autre marque permet de conserver l'identité Hermès intacte tout en innovant.
Pourtant les marques de luxe ne sont-elles pas internationales par essence ? Hermès est implanté en Chine et la French Touch maison a de quoi plaire aux riches asiatiques. Mais il faut dire qu'Hermès est arrivé assez tard en Chine, et a du mal à décoller, sans doute à cause de son positionnement prix un peu élevé. Fabriqués en Chine, les produits Shang Xia seront-ils moins chers ?
Entourée d'une discrétion impériale, Shang Xia, qui signifie "dessous-dessous" ou "haut-bas" en mandarin, est une marque 100% luxe et 100% made in China.
Extraits de la collection (trouvés sur le Figaro Madame)
Lancer une marque de luxe ?? Voici qui peut sembler étrange. En effet, chez nous, les marques de luxe sont souvent anciennes, et nées d'une alchimie, souvent d'une audace inouïe à l'époque ou d'un savoir faire ancestral. C'est d'ailleurs la première fois qu'Hermès lance une marque. Un paris fou ? Une réaction de bon sens ? Les avis sont partagés...
La maison parisienne avait jusque là misé sur son patrimoine. Mais pour séduire les Chinois, dont les attentes sont très différentes, il faudrait produire d'autres articles, et d'autres gammes. Créer une autre marque permet de conserver l'identité Hermès intacte tout en innovant.
Pourtant les marques de luxe ne sont-elles pas internationales par essence ? Hermès est implanté en Chine et la French Touch maison a de quoi plaire aux riches asiatiques. Mais il faut dire qu'Hermès est arrivé assez tard en Chine, et a du mal à décoller, sans doute à cause de son positionnement prix un peu élevé. Fabriqués en Chine, les produits Shang Xia seront-ils moins chers ?
L'objectif avoué est de conquérir le marché chinois. C'est un gros enjeu : la Chine, Hong Kong, Macao et Taïwan constituent le premier marché mondial pour Hermès. Bien que le luxe reprenne des couleurs, il est prévu que la consommation très haut de gamme soit d'une façon générale tirée par la Chine dans les mois à venir...
Extraits de la collection (trouvés sur le Figaro Madame)
Lancer une marque chinoise ?? « Shang Xia sera développée en Chine par des chinois et selon les traditions chinoises. Nous ne voulons pas créer d'ambiguité », insistait Florian Craen, directeur d’Hermès Asie (Financial Times). Ce sera donc une maison «authentique, avec un style, des matières et des savoir-faire ancrés dans la culture chinoise» dixit Patrick Thomas, gérant d’Hermès International.
La marque propose des meubles, des vêtements, et de la décoration intérieure. Ce choix de segment, l'attention à la noblesse des matières nobles et aux savoirs faire rapproche Shang Xia de l'ADN de la maison mère. Le logo est un idéogramme modernisé, à l'instar du fameux H, mais en effet très chinois.
Le monde du luxe a les yeux rivés sur la nouvelle venue. En attendant d'aller en Chine vous pouvez visiter le site de la marque.
La marque propose des meubles, des vêtements, et de la décoration intérieure. Ce choix de segment, l'attention à la noblesse des matières nobles et aux savoirs faire rapproche Shang Xia de l'ADN de la maison mère. Le logo est un idéogramme modernisé, à l'instar du fameux H, mais en effet très chinois.
Libellés :
Chine,
culture,
Dita von Teese,
hermès,
luxe,
matériau,
nouvelle marque,
Shanghai,
web
13/09/2010
Casting de consommateurs
Initié en France par Comptoir des Cotonniers, le casting de modèles issu de la clientèle plutôt que d'agence de mannequins est en train de devenir mainstream. Les marques de modes proposent à leurs clients de devenir l'image de la marque. Idée saugrenue ou évidente ? Pourquoi s'encombrer d'amateurs imparfaits ? Mais qui mieux que de vrais clients issus de la vraie vie peuvent représenter et communiquer avec les consommateurs ?
Comptoir des Cotonniers, dernière campagne, featuring une blogueuse phare, Pandora... qui a généré moult débat.
Cette tendance de fond est largement influencée par des phénomènes du web, en particulier le street styling. Les stars restent de mise mais de nouvelles icônes, issue de la rue, ou plutôt du monde réel, émergent. Des personnes inconnues, rencontrées dans le cours de leur vie quotidienne sont mises en avant à travers les blogs, les sites et les magazines de modes. Elles permettent à tout un chacun de s'identifier et mettent en avant le style et le charme, la manière de porter le vêtement plus que le physique, le vêtement ou les marques. Cette tendance est largement ancrée dans un besoin d'authenticité et d'unicité qui est né en réaction aux apparences lisses et calibrées des mannequins et des stars. Tous pareils, uniformisés, photoshopés, tous habillés par les mêmes créateurs et les mêmes stylistes, ils font toujours rêver mais ne nous inspirent plus. Je vous conseille cet article du Wall Street Journal (paru début août) sur le site BeautifulStranger à ce sujet.
Mes 3 opérations préférées de casting de conso :
Version basique : Art of the Trench, Burberry.
Version live : le défilé des Galaf'
Version luxe : J'aime mon carré par Hermès
Le luxe se déferait-il de ses icônes chèrement rémunérées ? Bien sûr que oui, et c'est Hermès, marque chic et patrimoniale par excellence, qui se lance dans le casting sauvage... Mais très casté quand même. Pour l'opération "J'aime mon carré" démarrée fin juillet, la grande maison parisienne a choisi sept filles très fashion dans les capitales internationales. Elles présentent les mille et unes façon de porter le carré mythique. Plutôt une stratégie de "leaders d'opinion" que de "témoignages de la vraie vie". Miss N'importe Qui ne peut pas poster ses images. Mais c'est tout de même un coup de maître, peut être à attribuer à Bali Barret qui dirige la soie chez Hermès. Cela donne un coup de jeune à la marque. Le carré devient un objet transgénérationnel, pile dans la tendance du vintage et de la recherche d'âme et d'histoire à travers la mode. Et comme toujours chez Hermès, le rendu est très beau.
Comptoir des Cotonniers, dernière campagne, featuring une blogueuse phare, Pandora... qui a généré moult débat.
Cette tendance de fond est largement influencée par des phénomènes du web, en particulier le street styling. Les stars restent de mise mais de nouvelles icônes, issue de la rue, ou plutôt du monde réel, émergent. Des personnes inconnues, rencontrées dans le cours de leur vie quotidienne sont mises en avant à travers les blogs, les sites et les magazines de modes. Elles permettent à tout un chacun de s'identifier et mettent en avant le style et le charme, la manière de porter le vêtement plus que le physique, le vêtement ou les marques. Cette tendance est largement ancrée dans un besoin d'authenticité et d'unicité qui est né en réaction aux apparences lisses et calibrées des mannequins et des stars. Tous pareils, uniformisés, photoshopés, tous habillés par les mêmes créateurs et les mêmes stylistes, ils font toujours rêver mais ne nous inspirent plus. Je vous conseille cet article du Wall Street Journal (paru début août) sur le site BeautifulStranger à ce sujet.
Mes 3 opérations préférées de casting de conso :
Version basique : Art of the Trench, Burberry.
L'un des précédents très réussis fut l'opération menée chez Burberry avec le fameux trench, photographié par le fameux Sartorialist. Datant de novembre 2009, la campagne est construite autour de la notion d'appropriation d'une pièce basique et légendaire par de multiples personnalités. Le Trench coat, mixte, avec ses coloris neutres et sa coupe intemporelle est le sujet d'un exercice de style collectif. Ces photos de street style prises dans le monde entier sont mises en ligne sur une galerie virtuelle et diffusées dans une vidéo sur la chaîne Youtube de la marque. L'internaute peut aussi ajouter ses clichés dans le kaléidoscope de trenchs et voter pour ses préférés. Résultat : une vitrine mondiale, multiple, opérationnelle pour le consommateur (les photos peuvent être classées et le site renvoie au eshop). Mais bon, il restait quand même une star au centre du dispositif, le photographe Scott Schuman alias The Sartorialist...
Version trendy : Benetton
Pour sa dernière campagne, la marque a lancé une audition en ligne. Plus de 65 000 candidats dans le monde entier ont répondu et Benetton a choisi parmi eux 20 mannequins. En terme de communication, Benetton a toujours été à l'avant garde, notamment avec Oliviero Toscani et la Fabrica, centre de recherche en communication du groupe. Si Comptoir des Cotonniers avait déjà recruté ses égéries parmi ses clientes pour les clèbres campagnes mères/filles, Benetton joue la carte web et massifie le procédé. Ce casting atypique s'affichait comme une façon de rechercher quelque chose de différent, de surprenant, de vrai. Les mannequins retenus sont tous jeunes et minces, mais avec de la personnalité, et de différentes origines. Ce qui s'inscrit parfaitement dans les codes Bennetton. Cette initiative intitulée "IT'S MY TIME" est devenue une communauté mode en ligne dont le mot d'ordre est "show the world your real self"(sic).
En créant ainsi des communautés online et en proposant au public de s'y exprimer, les marques deviennent des médias. Comme les magasins sont devenus des magazines, les sites corporates sont maintenant des lieux non seulement d'informations mais aussi d'échange et d'expression. La marque acquiert une vocation de lien social en plus de sa valeur de repère. Ces campagnes fabriquent de la proximité et génèrent la curiosité.
En créant ainsi des communautés online et en proposant au public de s'y exprimer, les marques deviennent des médias. Comme les magasins sont devenus des magazines, les sites corporates sont maintenant des lieux non seulement d'informations mais aussi d'échange et d'expression. La marque acquiert une vocation de lien social en plus de sa valeur de repère. Ces campagnes fabriquent de la proximité et génèrent la curiosité.
Version live : le défilé des Galaf'
Les Galeries Lafayette lancent une opération similaire avec "La Mode C'est Vous" une communauté en ligne où chacun est invité à montrer son look. Au final plusieurs milliers de participants seront sélectionnés pour prendre part au défilé de mode géant de "vrais gens" qui aura lieu très bientôt à Paris et Berlin mais aussi dans de nombreuses villes de province.
Des inconnus sur les affiches et sur les podiums, mais où va-t'on ? L'objectif est visiblement que les clients se retrouvent dans la marque, au sens propre. Pour rassurer et gagner la confiance des consommateurs, quoi de mieux que d'autres consommateurs ? Le testimonial a été beaucoup utilisé dans la publicité classique et la représentation du consommateur y est permanente (mais si, vous savez, cette mère de famille qui adoooore sa nouvelle lessive ?!). Aujourd'hui ce sont de vrais clients qui s'expriment. Les nouveaux consommateurs (car ces 3 campagnes visent plutôt les jeunes) sont prêts à s'engager pour une marque qu'ils aiment, voir à gager... leur tête. Le règne des marques toutes puissantes est bien fini, elles donnent de la place à leur client qui retrouve sa place au centre de la marque.
Version luxe : J'aime mon carré par Hermès
Le luxe se déferait-il de ses icônes chèrement rémunérées ? Bien sûr que oui, et c'est Hermès, marque chic et patrimoniale par excellence, qui se lance dans le casting sauvage... Mais très casté quand même. Pour l'opération "J'aime mon carré" démarrée fin juillet, la grande maison parisienne a choisi sept filles très fashion dans les capitales internationales. Elles présentent les mille et unes façon de porter le carré mythique. Plutôt une stratégie de "leaders d'opinion" que de "témoignages de la vraie vie". Miss N'importe Qui ne peut pas poster ses images. Mais c'est tout de même un coup de maître, peut être à attribuer à Bali Barret qui dirige la soie chez Hermès. Cela donne un coup de jeune à la marque. Le carré devient un objet transgénérationnel, pile dans la tendance du vintage et de la recherche d'âme et d'histoire à travers la mode. Et comme toujours chez Hermès, le rendu est très beau.
Heureusement Gucci et autres recrutent encore leurs égéries parmi les plus grandes stars planétaires...
Libellés :
Benetton,
blog,
campagne,
casting,
Comptoir des Cotonniers,
défilé,
digital,
égérie,
Galeries Lafayette,
marque,
media,
mode,
street style,
tendance,
web
31/08/2010
Nostalgie quand tu nous tiens...(la rentrée de Lustucru & Mousline)
La rentrée des classes suscite chez beaucoup un brin de nostalgie... Il y a les achats "de rentrée", pour débuter l'année du bon pied, le cartable toujours trop lourd, le stress et l'excitation du premier jour... Chez les marques aussi ! Deux marques de food mythiques ont décidé de miser sur la nostalgie : Mousline et Lustucru. Des marques par essence familiales et liées à l'enfance prennent judicieusement la parole en ce moment.
Avec l'avalanche d'innovation sur le marché food, comment communiquer sur des produits qui n'ont rien de nouveau (presque vieux comme le monde à mon échelle personnelle) ? Lustucru avec ses pâtes aux oeufs et Mousline avec sa purée deshydratée n'ont rien de nouveau à exprimer. Ils peuvent revenir sur la dimension nutritionnelle de leurs produits, qui est une préoccupation croissante du consommateur, relifter leur packaging... Comment et surtout où rappeller leur éternelle présence ?
Mousline (Maggi/Nestlé) revient en communication avec un copié/collé de son spot de 1978 (Publicis Conseil). Il met en scène une famille idéale, avec une maman qui chantonne et un enfant qui fait un petit volcan avec sa purée. Le slogan ? "Il y a du bonheur dans l'air" ! Je ne reviendrai pas sur la dimension normée et caricaturale de la famille... Le timing, qui touche les mamans qui n'ont plus le temps de cuisiner avec la reprise scolaire, et le repli sur des valeurs sûres gestes d'un quotidien réenchanté ainsi que le côté "musical" me semblent plutôt bien vus. Mais il semblerait que le second niveau de lecture ne soit pas bien perceptible. Est-ce une parodie ou est-ce au premier degré ?? C'est la raison pour laquelle cette campagne ne plaît pas toujours, elle a été brocardée sur la blogosphère comme chez AdTimes qui crie au "fiasco nostalgique".
Mousline, l'ancienne :
Mousline version 2010 :
Nouvelle publicité TV Mousline (Maggi) en avant première !
envoyé par astucieusesmaggi. - Découvrez plus de vidéos de mode.
Lustucru choisit de revenir avec son héroïne ancestrale, Germaine alias la mère Lustucru, enlevée par les extra-terrestres en 1984. Le scénario paraît similaire : des aliens ont débarqués sur Terre... Mais les héros anciens sont projetés dans l'univers des blockbusters actuels dans un film long très bien réalisé. La confrontation entre les militaires américains obsédés des aliens et les gentils hommes verts est décapante ! Jouant la carte de la parodie, les spots ont de grande chance de générer du bouche-à-oreille des bureaux aux cours de récré. On sort de la caricature de la "cible familiale" pour s'adresser à chacune de ses composantes : les enfants séduits par les martiens rigolos, les ados fans de cinéma hollywoodiens, les nostalgiques... Le scénario débouche en plus sur un rappel "ingrédient" à la fois nutritionnel, authentique et gourmand : les martiens sont venus chercher des oeufs sans lesquels les pâtes Lustucru ne seraient pas ce qu'elles sont.
La pub des années 1980 :
Quelques images du film long :
Le site :
Le dispositif (BDDP Unlimited) mise sur un site internet (germainetlesmartiens.com), un format long diffusé sur le web et trois spots TV, accompagné de jeux en réalité augmentée et de pages Facebook. Un mix média joliment complet qui n'oublie personne.
La nostalgie est à double tranchant, elle capitalise sur le passé des marques mais doit prouver qu'elle sait innover et reste bien d'aujourd'hui. Le lien entre passé et présent est à manier avec précaution, au risque de passer pour un ringard total...
Avec l'avalanche d'innovation sur le marché food, comment communiquer sur des produits qui n'ont rien de nouveau (presque vieux comme le monde à mon échelle personnelle) ? Lustucru avec ses pâtes aux oeufs et Mousline avec sa purée deshydratée n'ont rien de nouveau à exprimer. Ils peuvent revenir sur la dimension nutritionnelle de leurs produits, qui est une préoccupation croissante du consommateur, relifter leur packaging... Comment et surtout où rappeller leur éternelle présence ?
Mousline (Maggi/Nestlé) revient en communication avec un copié/collé de son spot de 1978 (Publicis Conseil). Il met en scène une famille idéale, avec une maman qui chantonne et un enfant qui fait un petit volcan avec sa purée. Le slogan ? "Il y a du bonheur dans l'air" ! Je ne reviendrai pas sur la dimension normée et caricaturale de la famille... Le timing, qui touche les mamans qui n'ont plus le temps de cuisiner avec la reprise scolaire, et le repli sur des valeurs sûres gestes d'un quotidien réenchanté ainsi que le côté "musical" me semblent plutôt bien vus. Mais il semblerait que le second niveau de lecture ne soit pas bien perceptible. Est-ce une parodie ou est-ce au premier degré ?? C'est la raison pour laquelle cette campagne ne plaît pas toujours, elle a été brocardée sur la blogosphère comme chez AdTimes qui crie au "fiasco nostalgique".
Mousline, l'ancienne :
Mousline version 2010 :
Nouvelle publicité TV Mousline (Maggi) en avant première !
envoyé par astucieusesmaggi. - Découvrez plus de vidéos de mode.
Lustucru choisit de revenir avec son héroïne ancestrale, Germaine alias la mère Lustucru, enlevée par les extra-terrestres en 1984. Le scénario paraît similaire : des aliens ont débarqués sur Terre... Mais les héros anciens sont projetés dans l'univers des blockbusters actuels dans un film long très bien réalisé. La confrontation entre les militaires américains obsédés des aliens et les gentils hommes verts est décapante ! Jouant la carte de la parodie, les spots ont de grande chance de générer du bouche-à-oreille des bureaux aux cours de récré. On sort de la caricature de la "cible familiale" pour s'adresser à chacune de ses composantes : les enfants séduits par les martiens rigolos, les ados fans de cinéma hollywoodiens, les nostalgiques... Le scénario débouche en plus sur un rappel "ingrédient" à la fois nutritionnel, authentique et gourmand : les martiens sont venus chercher des oeufs sans lesquels les pâtes Lustucru ne seraient pas ce qu'elles sont.
La pub des années 1980 :
Quelques images du film long :
Le site :
Le dispositif (BDDP Unlimited) mise sur un site internet (germainetlesmartiens.com), un format long diffusé sur le web et trois spots TV, accompagné de jeux en réalité augmentée et de pages Facebook. Un mix média joliment complet qui n'oublie personne.
La nostalgie est à double tranchant, elle capitalise sur le passé des marques mais doit prouver qu'elle sait innover et reste bien d'aujourd'hui. Le lien entre passé et présent est à manier avec précaution, au risque de passer pour un ringard total...
16/08/2010
Womanity, marque totale ?
Marque totale, comme guerre totale (mais pas comme totalitaire).
Une marque locale et globale à la fois, "glocal" comme disent certains.
Une marque tellement abstraite qu'elle pourrait couvrir tous types de produits ou de services. Et en même temps très proche de ses consommateurs, installée dans leur vie comme une évidence, une ressource quasi naturelle. Ce serait une proposition de lifestyle, un concept si fort qu'il serait quasi religieux. Non clivante, non segmentante, pour ainsi dire, non marketée.
Deux candidats existent dans notre paysage actuel (le mien en tout cas) : Apple et Ikea. Parce qu'elles ont été puissament innovantes au départ, elles ont réussi à entrer dans de nombreux foyers et à poursuivre leur évolution. Elles proposent une vraie expérience de marque (le "parcours Ikea" dans les pièces fictives avec boulettes de renne, le temps passé à "tester", les conseils et les évènements dans les Apple Store). Elles répondent à des insights profonds de leur époque (se meubler pour le plaisir, pas cher et peu durable, de l'informatique fun and friendly). Elles constituent un univers en soi, avec des icônes (L'IPod, la bibliothèque Billy), et des byproducts.
Nouvelle tentative en cours, Womanity est une marque développée par Thierry Mugler (groupe Clarins).
Déjà "womanity" ressemble à un nom qui existerait déjà : "womanity" ça veut dire féminité, bien sûr ! Mais ce terme n'existe pas dans le dictionnaire. Avec ce néologisme, Mugler réinvente tout simplement la féminité (womanhood, femininity, ou womanliness, your choice). Il invente un concept totalement nouveau et totalement déjà approprié. Et il "pirate" la femme dans son ensemble et dans toute son universalité, par la même occasion. Très fort, non ?
Mais Womanity, c'est quoi ? "Un lieu infini et indéfini où les possibles et les envies pourront s’exprimer... Womanity pourrait être cette terre promise (...)" dixit Auféminin.com (sic).
- Ce fut en premier lieu un site communautaire, en mars dernier, où toute les femmes sont invitées à exprimer leurs idées sur ce que c'est d'être femme aujourd'hui.
- C'est également un parfum -qui devrait sortir sous peu- une fragrance de figue et de caviar sur fond boisé.
La marque est déposée dans à peu près toutes les classes à l'INPI* elle pourrait recouvrir n'importe quoi d'autres dans les mois à venir. C'est donc assez mystérieux, mais définitivement très moderne, et cela correspond bien à l'ADN de Mugler. Je n'imagine pas que Womanity devienne un Apple ou un Ikea mais c'est une tentative audacieuse, ce qui n'est pas rien.
Une marque locale et globale à la fois, "glocal" comme disent certains.
Une marque tellement abstraite qu'elle pourrait couvrir tous types de produits ou de services. Et en même temps très proche de ses consommateurs, installée dans leur vie comme une évidence, une ressource quasi naturelle. Ce serait une proposition de lifestyle, un concept si fort qu'il serait quasi religieux. Non clivante, non segmentante, pour ainsi dire, non marketée.
Deux candidats existent dans notre paysage actuel (le mien en tout cas) : Apple et Ikea. Parce qu'elles ont été puissament innovantes au départ, elles ont réussi à entrer dans de nombreux foyers et à poursuivre leur évolution. Elles proposent une vraie expérience de marque (le "parcours Ikea" dans les pièces fictives avec boulettes de renne, le temps passé à "tester", les conseils et les évènements dans les Apple Store). Elles répondent à des insights profonds de leur époque (se meubler pour le plaisir, pas cher et peu durable, de l'informatique fun and friendly). Elles constituent un univers en soi, avec des icônes (L'IPod, la bibliothèque Billy), et des byproducts.
Nouvelle tentative en cours, Womanity est une marque développée par Thierry Mugler (groupe Clarins).
Déjà "womanity" ressemble à un nom qui existerait déjà : "womanity" ça veut dire féminité, bien sûr ! Mais ce terme n'existe pas dans le dictionnaire. Avec ce néologisme, Mugler réinvente tout simplement la féminité (womanhood, femininity, ou womanliness, your choice). Il invente un concept totalement nouveau et totalement déjà approprié. Et il "pirate" la femme dans son ensemble et dans toute son universalité, par la même occasion. Très fort, non ?
Mais Womanity, c'est quoi ? "Un lieu infini et indéfini où les possibles et les envies pourront s’exprimer... Womanity pourrait être cette terre promise (...)" dixit Auféminin.com (sic).
- Ce fut en premier lieu un site communautaire, en mars dernier, où toute les femmes sont invitées à exprimer leurs idées sur ce que c'est d'être femme aujourd'hui.
- C'est également un parfum -qui devrait sortir sous peu- une fragrance de figue et de caviar sur fond boisé.
La marque est déposée dans à peu près toutes les classes à l'INPI* elle pourrait recouvrir n'importe quoi d'autres dans les mois à venir. C'est donc assez mystérieux, mais définitivement très moderne, et cela correspond bien à l'ADN de Mugler. Je n'imagine pas que Womanity devienne un Apple ou un Ikea mais c'est une tentative audacieuse, ce qui n'est pas rien.
* Institut de la Propriété Intellectuelle, où sont enregistrés les noms de marques dans des classes en fonction de leur utilisation par secteur.
Libellés :
apple,
ikea,
innovation,
marque,
Mugler,
nouvelle marque,
parfum,
web,
Womanity
10/08/2010
La blogueuse beauté, avatar de l'expertise consommateur
L'expertise du consommateur ne cesse de s'affirmer et de s'affiner. Elle s'étend sous l'effet de la crise tant en terme de population qu'en terme de champs d'expertise.
Il fut un temps ou le Français moyen ne se posait pas mille questions sur son achat de yaourts. Il prenait ceux qui lui plaisaient, en quantité nécessaire. Avec la baisse continue du pouvoir d'achat, de plus en plus de consommateurs ont commencé à regarder chaque achat de plus près, à arbitrer entre plaisir, prix et qualité nutritionnelle (pour le yaourt) et à aller, entre autre, vers des produits MDD. Pour des achats importants, il réalise des études de marchés assez complètes, recoupe différentes sources d'information (distributeur, web, presse, amis et parents...)
Mais si Monsieur Tout-le-monde accroit son expertise à force d'attention, certains consommateurs sont à la pointe de l'expertise et parmi eux, spécialistes parmi les quidams, le blogueur.
Exemple : la blogueuse beauté. Elle ne se contente plus de parcourir les rayons de Marionnaud ou Sephora. Elle connait les meilleurs spots à bons plans du web, a commandé des échantillons sur des sites américains ou hongkongais. Elle achète des produits professionnels. Elle compare la tenue, la teneur en pigments et en nacres, suit avidement l'actualité des sorties produits, connait chaque nuance exacte de fard à paupières (alias FAP) lancé sur le marchés. Elle crée même des nuanciers comparés pour les FAP de différentes marques...
L'exemple le plus probant en France est celui d'Hélène de Mon blog de fille. En quelques années, Hélène a transformé sa passion en métier à plein temps. Elle a suivi une formation chez Make Up Forever, maîtrise les techniques pros et donne des cours de maquillage.
En septembre dernier le site Temptalia, créé et édité par Christine Mielke, une jeune étudiante californienne, propose une vidéo des FAP de la marque MAC. Voici le commentaire d'Hélène dans un post qui offre un lien vers ladite vidéo : "Bon, ça n’est un secret pour personne, les photos de fards à paupières sur le site de MAC sont nazes. Rien ne correspond à rien, impossible de s’y fier pour choisir une couleur. Dieu merci, Temptalia est là et a fait deux vidéos de photos de tous les fards à paupières de la collection permanente."
Le site web de la marque est incomplet ou mal fait ? Il y a les blogueuses pour refaire le travail correctement et proposer aux clientes des infos précieuses et décisives dans leur décision d'achat. La couleur du fard n'est pas anecdotique, surtout pour les acheteuses du web !! On voit combien la frontière entre les "amateurs" et les "professionnels" devient poreuse sur le web.
Les blogueuses beauté atteignent un tel degré d'expertise qu'elles peuvent remplacer les professionnels :
- les conseils sur la toile se substituent aux conseils en magasin
- les blogueuses peuvent devenir des pros
- certains blogs peuvent devenir des canaux de distribution
logo et visuel écran de swatches MAC @Temptalia
La blogueuse beauté incarne particulièrement bien l'expertise du consommateur. Elle en est l'avatar. J'emprunte ce concept à Eric Macé, spécialiste des médiacultures à l'EHESS. L'idée est que les produits des industries culturelles et médiatiques sont des formes particulières de représentation de la réalité du monde social. Par exemple, ce que nous voyons à la télévision n'est pas la réalité, mais une représentation médiatique de notre monde. Il est intéressant de voir dans quelle mesure cet univers est différent du notre, quels sont les conflits et les figures qu'il met en scène.
Mon hypothèse est que les blogs beauté mettent en scène cette expertise croissante du consommateur. Les blogueuses beauté sont avant tout des consommatrices et des passionnées. En tant que telles, elles connaissent et expriment les insights conso. Leur expertise prend racine dans leur expérience du quotidien, et dans un intérêt particulier pour la consommation. Cet intérêt se cantonne souvent à un domaine de prédilection (blogueuse beauté / fards à paupières, blogueur cuisine / mixer). Sur les nombreux blogs beauté présents sur la toile, peu seront l'incubateur d'une profession comme dans le cas d'Hélène. Mais même s'il s'agit simplement pour une adolescente de montrer son maquillage (de "poster ses looks") tous les jours, l'existence de ces pratiques médiatiques change profondément les modes de consommation. Les blogs révèlent comme un miroir grossissant les tendances de fonds de notre monde social.
A lire : Eric Macé, La société et son double. Une journée ordinaire de télévision, Armand Colin (2006)
NB : Je crois pouvoir dire que Christine, Hélène et moi adorons la marque MAC, l'objectif de ce post n'est pas de critiquer la marque mais de montrer le rôle des blogueurs.
Il fut un temps ou le Français moyen ne se posait pas mille questions sur son achat de yaourts. Il prenait ceux qui lui plaisaient, en quantité nécessaire. Avec la baisse continue du pouvoir d'achat, de plus en plus de consommateurs ont commencé à regarder chaque achat de plus près, à arbitrer entre plaisir, prix et qualité nutritionnelle (pour le yaourt) et à aller, entre autre, vers des produits MDD. Pour des achats importants, il réalise des études de marchés assez complètes, recoupe différentes sources d'information (distributeur, web, presse, amis et parents...)
(image @getty)
Mais si Monsieur Tout-le-monde accroit son expertise à force d'attention, certains consommateurs sont à la pointe de l'expertise et parmi eux, spécialistes parmi les quidams, le blogueur.
Exemple : la blogueuse beauté. Elle ne se contente plus de parcourir les rayons de Marionnaud ou Sephora. Elle connait les meilleurs spots à bons plans du web, a commandé des échantillons sur des sites américains ou hongkongais. Elle achète des produits professionnels. Elle compare la tenue, la teneur en pigments et en nacres, suit avidement l'actualité des sorties produits, connait chaque nuance exacte de fard à paupières (alias FAP) lancé sur le marchés. Elle crée même des nuanciers comparés pour les FAP de différentes marques...
bannière d'hélène@ hélène legastelois
L'exemple le plus probant en France est celui d'Hélène de Mon blog de fille. En quelques années, Hélène a transformé sa passion en métier à plein temps. Elle a suivi une formation chez Make Up Forever, maîtrise les techniques pros et donne des cours de maquillage.
En septembre dernier le site Temptalia, créé et édité par Christine Mielke, une jeune étudiante californienne, propose une vidéo des FAP de la marque MAC. Voici le commentaire d'Hélène dans un post qui offre un lien vers ladite vidéo : "Bon, ça n’est un secret pour personne, les photos de fards à paupières sur le site de MAC sont nazes. Rien ne correspond à rien, impossible de s’y fier pour choisir une couleur. Dieu merci, Temptalia est là et a fait deux vidéos de photos de tous les fards à paupières de la collection permanente."
Le site web de la marque est incomplet ou mal fait ? Il y a les blogueuses pour refaire le travail correctement et proposer aux clientes des infos précieuses et décisives dans leur décision d'achat. La couleur du fard n'est pas anecdotique, surtout pour les acheteuses du web !! On voit combien la frontière entre les "amateurs" et les "professionnels" devient poreuse sur le web.
Les blogueuses beauté atteignent un tel degré d'expertise qu'elles peuvent remplacer les professionnels :
- les conseils sur la toile se substituent aux conseils en magasin
- les blogueuses peuvent devenir des pros
- certains blogs peuvent devenir des canaux de distribution
logo et visuel écran de swatches MAC @Temptalia
La blogueuse beauté incarne particulièrement bien l'expertise du consommateur. Elle en est l'avatar. J'emprunte ce concept à Eric Macé, spécialiste des médiacultures à l'EHESS. L'idée est que les produits des industries culturelles et médiatiques sont des formes particulières de représentation de la réalité du monde social. Par exemple, ce que nous voyons à la télévision n'est pas la réalité, mais une représentation médiatique de notre monde. Il est intéressant de voir dans quelle mesure cet univers est différent du notre, quels sont les conflits et les figures qu'il met en scène.
Mon hypothèse est que les blogs beauté mettent en scène cette expertise croissante du consommateur. Les blogueuses beauté sont avant tout des consommatrices et des passionnées. En tant que telles, elles connaissent et expriment les insights conso. Leur expertise prend racine dans leur expérience du quotidien, et dans un intérêt particulier pour la consommation. Cet intérêt se cantonne souvent à un domaine de prédilection (blogueuse beauté / fards à paupières, blogueur cuisine / mixer). Sur les nombreux blogs beauté présents sur la toile, peu seront l'incubateur d'une profession comme dans le cas d'Hélène. Mais même s'il s'agit simplement pour une adolescente de montrer son maquillage (de "poster ses looks") tous les jours, l'existence de ces pratiques médiatiques change profondément les modes de consommation. Les blogs révèlent comme un miroir grossissant les tendances de fonds de notre monde social.
A lire : Eric Macé, La société et son double. Une journée ordinaire de télévision, Armand Colin (2006)
NB : Je crois pouvoir dire que Christine, Hélène et moi adorons la marque MAC, l'objectif de ce post n'est pas de critiquer la marque mais de montrer le rôle des blogueurs.
Baromètre ECHO – Les français face aux médias sociaux et la e-réputation
J'ai découvert aujourd'hui (très en retard - il date d'avril dernier) le baromètre ECHO – Les français face aux médias sociaux et la e-réputation réalisé par ScanBlog et OpenedMind. Cette étude est très intéressante, dans la méthodologie comme dans ses conclusions. Les résultats synthétiques de l'étude peuvent être consultés ici. Elle relativise le rôle des médias sociaux (réseaux sociaux et blogs) : seulement la moitié des internautes y prennent part et ils leur font moins confiance qu'aux forums, sites marchands et site des marques. La question de la confiance me semble centrale, sur le web mais aussi de façon générale en marketing.
Du coup l'une des conclusions est que les annonceurs feraient mieux de privilégier leur référencement que de se lancer dans le "social media". Bien sûr. Soyons réalistes. Je ne suis pas une spécialiste du tout, et ne tiens pas à vanter le mérite des blogs mais le référencement et le social media, ça n'a rien à voir, non ? L'un et l'autre n'apportent pas du tout la même chose à une marque. Le référencement est indispensable en terme de visibilité et de notoriété, le second permet de nouer des relations, de connaître son consommateur, de développer l'imaginaire de la marque dans l'espace social.
Pour cette étude ScanBlog et OpenedMind ont comparé les "caractéristiques socio-démographiques et attitudinales" avec l'internaute moyen et le blogueur moyen. Et bien évidemment, le blogueur influent est "trentenaire, actif urbain, célibataire et très CSP+". Il est donc très loin des blogueurs moyens. Et encore plus loin du profil des consommateurs qu'il est censé influencer. J'avoue je fréquente le blogs mode et souvent je me demande "Mais comment peuvent-elles acheter tout ça ?" "Mais comment elles vont travailler avec des talons pareils ?". Oui, les blogueurs influents sont parfois déconnectés. Mais ils attirent des milliers de lecteurs qui se sentent malgré cela concernés par leur prose, chatouillés par leur univers, voire inspirés par leurs propositions. Les "influenceurs" ont un rôle aspirationnel, certains sont devenus presque des stars. Ce n'est pas parce qu'on est différents qu'on ne peut pas communiquer... j'espère. C'est aussi cela le rêve du web !
A suivre : la blogueuse beauté, avatar de l'expertise consommateur
Du coup l'une des conclusions est que les annonceurs feraient mieux de privilégier leur référencement que de se lancer dans le "social media". Bien sûr. Soyons réalistes. Je ne suis pas une spécialiste du tout, et ne tiens pas à vanter le mérite des blogs mais le référencement et le social media, ça n'a rien à voir, non ? L'un et l'autre n'apportent pas du tout la même chose à une marque. Le référencement est indispensable en terme de visibilité et de notoriété, le second permet de nouer des relations, de connaître son consommateur, de développer l'imaginaire de la marque dans l'espace social.
Pour cette étude ScanBlog et OpenedMind ont comparé les "caractéristiques socio-démographiques et attitudinales" avec l'internaute moyen et le blogueur moyen. Et bien évidemment, le blogueur influent est "trentenaire, actif urbain, célibataire et très CSP+". Il est donc très loin des blogueurs moyens. Et encore plus loin du profil des consommateurs qu'il est censé influencer. J'avoue je fréquente le blogs mode et souvent je me demande "Mais comment peuvent-elles acheter tout ça ?" "Mais comment elles vont travailler avec des talons pareils ?". Oui, les blogueurs influents sont parfois déconnectés. Mais ils attirent des milliers de lecteurs qui se sentent malgré cela concernés par leur prose, chatouillés par leur univers, voire inspirés par leurs propositions. Les "influenceurs" ont un rôle aspirationnel, certains sont devenus presque des stars. Ce n'est pas parce qu'on est différents qu'on ne peut pas communiquer... j'espère. C'est aussi cela le rêve du web !
A suivre : la blogueuse beauté, avatar de l'expertise consommateur
Libellés :
blog,
influence,
openedmind,
scanblog,
social media,
web
Inscription à :
Articles (Atom)
































.jpg)


