Après le succès d'Actimel et l'échec d'Essensis, voici les nouveaux essais du groupe Danone au rayon yaourt...
Le groupe avait adopté un positionnement "100% santé" et misait avant tout sur des innovations fonctionnelles. Après l'échec en rayon d'Essensis, le yaourt qui faisait une belle peau, le groupe semble plus prudent dans le lancement d'innovations fonctionnelles. Leur dernier projet de yaourt, baptisé Densia, a achoppé avant sa mise en rayon dans les supermarchés français. Densia est un yaourt enrichi en calcium et en vitamine D pour fortifier les os. Il s'adressait aux femmes arrivées à l'âge de ménopause, particulièrement exposées aux risques d'ostéoporose. «Les test pratiqués auraient mis en avant que les Français, grands consommateurs de produits laitiers frais, ne ressentent pas le besoin de consommer plus de calcium», affirme une porte-parole de Danone selon Le Figaro la semaine dernière. D'autres marques de produits laitiers frais ont pourtant utilisé cet argumentaire, comme Calin de Yoplait. Mais de là à en faire une nouvelle marque...
La stratégie groupe reviendrait donc à davantage de plaisir, avec entre autre le lancement d'une nouvelle marque produit en France : Fantasia. Un nouveau pot bi-compartiment, l'un contenant une "spécialité laitière" sucrée, l'autre du coulis de fruit (fraise, cerise, myrtille) ou des billes de chocolat noir et blanc "pour un plaisir à mélanger selon vos envies". Il cible les jeunes adultes, peu adeptes des produits laitiers frais. C'est un produit qui se veut accessible ( trois pour1,29 euro, soit le même prix unitaire qu'Activia ), pour se faire plaisir (avec du chocolat) au quotidien (puisqu'il est à base de yaourt). L'équation impossible !! On attend avec impatience la communication et les premiers résultats de mise en rayon...
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16/09/2010
Densia / Fantasia : Danone entre santé et plaisir
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10/08/2010
La blogueuse beauté, avatar de l'expertise consommateur
L'expertise du consommateur ne cesse de s'affirmer et de s'affiner. Elle s'étend sous l'effet de la crise tant en terme de population qu'en terme de champs d'expertise.
Il fut un temps ou le Français moyen ne se posait pas mille questions sur son achat de yaourts. Il prenait ceux qui lui plaisaient, en quantité nécessaire. Avec la baisse continue du pouvoir d'achat, de plus en plus de consommateurs ont commencé à regarder chaque achat de plus près, à arbitrer entre plaisir, prix et qualité nutritionnelle (pour le yaourt) et à aller, entre autre, vers des produits MDD. Pour des achats importants, il réalise des études de marchés assez complètes, recoupe différentes sources d'information (distributeur, web, presse, amis et parents...)
Mais si Monsieur Tout-le-monde accroit son expertise à force d'attention, certains consommateurs sont à la pointe de l'expertise et parmi eux, spécialistes parmi les quidams, le blogueur.
Exemple : la blogueuse beauté. Elle ne se contente plus de parcourir les rayons de Marionnaud ou Sephora. Elle connait les meilleurs spots à bons plans du web, a commandé des échantillons sur des sites américains ou hongkongais. Elle achète des produits professionnels. Elle compare la tenue, la teneur en pigments et en nacres, suit avidement l'actualité des sorties produits, connait chaque nuance exacte de fard à paupières (alias FAP) lancé sur le marchés. Elle crée même des nuanciers comparés pour les FAP de différentes marques...
L'exemple le plus probant en France est celui d'Hélène de Mon blog de fille. En quelques années, Hélène a transformé sa passion en métier à plein temps. Elle a suivi une formation chez Make Up Forever, maîtrise les techniques pros et donne des cours de maquillage.
En septembre dernier le site Temptalia, créé et édité par Christine Mielke, une jeune étudiante californienne, propose une vidéo des FAP de la marque MAC. Voici le commentaire d'Hélène dans un post qui offre un lien vers ladite vidéo : "Bon, ça n’est un secret pour personne, les photos de fards à paupières sur le site de MAC sont nazes. Rien ne correspond à rien, impossible de s’y fier pour choisir une couleur. Dieu merci, Temptalia est là et a fait deux vidéos de photos de tous les fards à paupières de la collection permanente."
Le site web de la marque est incomplet ou mal fait ? Il y a les blogueuses pour refaire le travail correctement et proposer aux clientes des infos précieuses et décisives dans leur décision d'achat. La couleur du fard n'est pas anecdotique, surtout pour les acheteuses du web !! On voit combien la frontière entre les "amateurs" et les "professionnels" devient poreuse sur le web.
Les blogueuses beauté atteignent un tel degré d'expertise qu'elles peuvent remplacer les professionnels :
- les conseils sur la toile se substituent aux conseils en magasin
- les blogueuses peuvent devenir des pros
- certains blogs peuvent devenir des canaux de distribution
logo et visuel écran de swatches MAC @Temptalia
La blogueuse beauté incarne particulièrement bien l'expertise du consommateur. Elle en est l'avatar. J'emprunte ce concept à Eric Macé, spécialiste des médiacultures à l'EHESS. L'idée est que les produits des industries culturelles et médiatiques sont des formes particulières de représentation de la réalité du monde social. Par exemple, ce que nous voyons à la télévision n'est pas la réalité, mais une représentation médiatique de notre monde. Il est intéressant de voir dans quelle mesure cet univers est différent du notre, quels sont les conflits et les figures qu'il met en scène.
Mon hypothèse est que les blogs beauté mettent en scène cette expertise croissante du consommateur. Les blogueuses beauté sont avant tout des consommatrices et des passionnées. En tant que telles, elles connaissent et expriment les insights conso. Leur expertise prend racine dans leur expérience du quotidien, et dans un intérêt particulier pour la consommation. Cet intérêt se cantonne souvent à un domaine de prédilection (blogueuse beauté / fards à paupières, blogueur cuisine / mixer). Sur les nombreux blogs beauté présents sur la toile, peu seront l'incubateur d'une profession comme dans le cas d'Hélène. Mais même s'il s'agit simplement pour une adolescente de montrer son maquillage (de "poster ses looks") tous les jours, l'existence de ces pratiques médiatiques change profondément les modes de consommation. Les blogs révèlent comme un miroir grossissant les tendances de fonds de notre monde social.
A lire : Eric Macé, La société et son double. Une journée ordinaire de télévision, Armand Colin (2006)
NB : Je crois pouvoir dire que Christine, Hélène et moi adorons la marque MAC, l'objectif de ce post n'est pas de critiquer la marque mais de montrer le rôle des blogueurs.
Il fut un temps ou le Français moyen ne se posait pas mille questions sur son achat de yaourts. Il prenait ceux qui lui plaisaient, en quantité nécessaire. Avec la baisse continue du pouvoir d'achat, de plus en plus de consommateurs ont commencé à regarder chaque achat de plus près, à arbitrer entre plaisir, prix et qualité nutritionnelle (pour le yaourt) et à aller, entre autre, vers des produits MDD. Pour des achats importants, il réalise des études de marchés assez complètes, recoupe différentes sources d'information (distributeur, web, presse, amis et parents...)
(image @getty)
Mais si Monsieur Tout-le-monde accroit son expertise à force d'attention, certains consommateurs sont à la pointe de l'expertise et parmi eux, spécialistes parmi les quidams, le blogueur.
Exemple : la blogueuse beauté. Elle ne se contente plus de parcourir les rayons de Marionnaud ou Sephora. Elle connait les meilleurs spots à bons plans du web, a commandé des échantillons sur des sites américains ou hongkongais. Elle achète des produits professionnels. Elle compare la tenue, la teneur en pigments et en nacres, suit avidement l'actualité des sorties produits, connait chaque nuance exacte de fard à paupières (alias FAP) lancé sur le marchés. Elle crée même des nuanciers comparés pour les FAP de différentes marques...
bannière d'hélène@ hélène legastelois
L'exemple le plus probant en France est celui d'Hélène de Mon blog de fille. En quelques années, Hélène a transformé sa passion en métier à plein temps. Elle a suivi une formation chez Make Up Forever, maîtrise les techniques pros et donne des cours de maquillage.
En septembre dernier le site Temptalia, créé et édité par Christine Mielke, une jeune étudiante californienne, propose une vidéo des FAP de la marque MAC. Voici le commentaire d'Hélène dans un post qui offre un lien vers ladite vidéo : "Bon, ça n’est un secret pour personne, les photos de fards à paupières sur le site de MAC sont nazes. Rien ne correspond à rien, impossible de s’y fier pour choisir une couleur. Dieu merci, Temptalia est là et a fait deux vidéos de photos de tous les fards à paupières de la collection permanente."
Le site web de la marque est incomplet ou mal fait ? Il y a les blogueuses pour refaire le travail correctement et proposer aux clientes des infos précieuses et décisives dans leur décision d'achat. La couleur du fard n'est pas anecdotique, surtout pour les acheteuses du web !! On voit combien la frontière entre les "amateurs" et les "professionnels" devient poreuse sur le web.
Les blogueuses beauté atteignent un tel degré d'expertise qu'elles peuvent remplacer les professionnels :
- les conseils sur la toile se substituent aux conseils en magasin
- les blogueuses peuvent devenir des pros
- certains blogs peuvent devenir des canaux de distribution
logo et visuel écran de swatches MAC @Temptalia
La blogueuse beauté incarne particulièrement bien l'expertise du consommateur. Elle en est l'avatar. J'emprunte ce concept à Eric Macé, spécialiste des médiacultures à l'EHESS. L'idée est que les produits des industries culturelles et médiatiques sont des formes particulières de représentation de la réalité du monde social. Par exemple, ce que nous voyons à la télévision n'est pas la réalité, mais une représentation médiatique de notre monde. Il est intéressant de voir dans quelle mesure cet univers est différent du notre, quels sont les conflits et les figures qu'il met en scène.
Mon hypothèse est que les blogs beauté mettent en scène cette expertise croissante du consommateur. Les blogueuses beauté sont avant tout des consommatrices et des passionnées. En tant que telles, elles connaissent et expriment les insights conso. Leur expertise prend racine dans leur expérience du quotidien, et dans un intérêt particulier pour la consommation. Cet intérêt se cantonne souvent à un domaine de prédilection (blogueuse beauté / fards à paupières, blogueur cuisine / mixer). Sur les nombreux blogs beauté présents sur la toile, peu seront l'incubateur d'une profession comme dans le cas d'Hélène. Mais même s'il s'agit simplement pour une adolescente de montrer son maquillage (de "poster ses looks") tous les jours, l'existence de ces pratiques médiatiques change profondément les modes de consommation. Les blogs révèlent comme un miroir grossissant les tendances de fonds de notre monde social.
A lire : Eric Macé, La société et son double. Une journée ordinaire de télévision, Armand Colin (2006)
NB : Je crois pouvoir dire que Christine, Hélène et moi adorons la marque MAC, l'objectif de ce post n'est pas de critiquer la marque mais de montrer le rôle des blogueurs.
06/08/2010
Green & Healthy : Taillefine Stévia
Taillefine se rapproche de la nature. L'an dernier était lancée la gamme Jardins Gourmands, des compotes sans sucres ajoutés avec une promesse très "plaisir nature" et un visuel d'arbre fruitier. La marque de Danone frappe encore plus fort sur ce positionnement avec le nouveau yaourt à l'extrait de stévia.
La stévia, kesako ? La stévia rebaudiana est une plante originaire d'Amérique latine. Les Indiens guaranis l'utilisent pour adoucir les infusions. Elle a la particularité d'avoir un fort pouvoir sucrant (30 à 45 fois supérieur au sucre dixit WikiChéri), tout en ne modifiant pas le taux de glucose sanguin. Des extraits de stévia sont utilisés comme édulcorants depuis les années 1970 au Japon, en particulier dans les sodas. Ils sont également autourisés depuis peu aux Etats-Unis, où Coca Cola et PepsiCo sont sur les rangs. La feuille de stévia en tant que telle n'est pas autorisée pour la vente alimentaire chez nous.
En terme de pack, c'est le pot des yaourts aux fruits de Taillefine mais rhabillé de vert tout en transparence, avec un effet lumineux et une feuille de stévia stylisée en front. L'effet est sobre et doux. Le pack se détache bien, marque sa nouveauté tout en s'intégrant parfaitement à la gamme. La vert joue bien avec le violet du logo Taillefine. La typo cursive un air de famille avec celle de Taillefine, avec ce côté élancé, moins ronde que pour Jardins Gourmands, moins enfantine que celle des yaourts aux fruits. Les fruits sont mis en avant pour apporter du plaisir (et contrecarrer un peu tout ce vert pas toujours très gourmand).
Pour l'arrivée de ce nouvel édulcorant, qui plus est en ultra frais, le sujet demandait beaucoup de pédagogie. Pas de nom de fantaisie pour ce yaourt. C'est le terme stévia qui est mis en avant, avec "extrait" en tout petit et une belle mention "édulcorant d'origine naturelle" en dessous. Le site web dédié explique bien en détail les propriétés de la nouvelle venue sur le marché et s'entortille de motifs végétaux.
On joue le végétal à 100%, mais avec féminité et subtilité. J'avoue qu'après l'arbre fruitier et l'herbe bien verte des Jardins Gourmands je craignais un brin qu'on nous sorte une jungle de pacotille, c'est une belle surprise !
La prochaine marque à tenter la Stevia devrait être Fanta... A suivre au prochain épisode !
images : site et pop up Taillefine
La stévia, kesako ? La stévia rebaudiana est une plante originaire d'Amérique latine. Les Indiens guaranis l'utilisent pour adoucir les infusions. Elle a la particularité d'avoir un fort pouvoir sucrant (30 à 45 fois supérieur au sucre dixit WikiChéri), tout en ne modifiant pas le taux de glucose sanguin. Des extraits de stévia sont utilisés comme édulcorants depuis les années 1970 au Japon, en particulier dans les sodas. Ils sont également autourisés depuis peu aux Etats-Unis, où Coca Cola et PepsiCo sont sur les rangs. La feuille de stévia en tant que telle n'est pas autorisée pour la vente alimentaire chez nous.
En terme de pack, c'est le pot des yaourts aux fruits de Taillefine mais rhabillé de vert tout en transparence, avec un effet lumineux et une feuille de stévia stylisée en front. L'effet est sobre et doux. Le pack se détache bien, marque sa nouveauté tout en s'intégrant parfaitement à la gamme. La vert joue bien avec le violet du logo Taillefine. La typo cursive un air de famille avec celle de Taillefine, avec ce côté élancé, moins ronde que pour Jardins Gourmands, moins enfantine que celle des yaourts aux fruits. Les fruits sont mis en avant pour apporter du plaisir (et contrecarrer un peu tout ce vert pas toujours très gourmand).
Pour l'arrivée de ce nouvel édulcorant, qui plus est en ultra frais, le sujet demandait beaucoup de pédagogie. Pas de nom de fantaisie pour ce yaourt. C'est le terme stévia qui est mis en avant, avec "extrait" en tout petit et une belle mention "édulcorant d'origine naturelle" en dessous. Le site web dédié explique bien en détail les propriétés de la nouvelle venue sur le marché et s'entortille de motifs végétaux.
On joue le végétal à 100%, mais avec féminité et subtilité. J'avoue qu'après l'arbre fruitier et l'herbe bien verte des Jardins Gourmands je craignais un brin qu'on nous sorte une jungle de pacotille, c'est une belle surprise !
La prochaine marque à tenter la Stevia devrait être Fanta... A suivre au prochain épisode !
images : site et pop up Taillefine
Libellés :
danone,
green,
innovation,
light,
stevia,
taillefine,
ultra frais,
vert,
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