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25/11/2010

Contre les violences faites aux femmes

Aujourd'hui jeudi 25 novembre, c’est la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Un peu d'actu, donc, pour changer !

Ni Putes ni Soumises lance une opération "Toutes en Jupes !" encourageant les femmes à oser affirmer leur féminité et leur liberté. Bien sûr l'association propose aussi des débats, une vente aux enchères dont les recettes financeront des « appartements-relais », et une expo-vente des photos de filles des quartiers.

Je ne suis pas en jupe aujourd'hui mais je trouve cette initiative plutôt intéressante. On a toujours plus peur d'attirer le regard, et éventuellement l'agressivité des hommes, quand on porte une jupe. Le pantalon uniformise les silhouettes, permet de passer inapperçue et de se sentir protégée. Et que dire des joggings XXL des filles des "cités", voire du voile...?

Ce qui est intriguant, c'est que dans les années 1960, les femmes se sont battues pour porter des pantalons, symbole de la liberté masculine, qui leur permettait de bouger, travailler, faire du sport... C'était l'époque de l'égalité par la conquête des symboles masculins. L'égalité par la ressemblance. Enfin, on a vu beaucoup de minijupes aussi dans ces années-là... Symbole de libération sexuelle, tout comme l'abandon des sous-vêtements rigides ! Que penseraient les femmes de ces années-là d'une Lady Gaga, qui se promène en petite culotte mais corsetée de cuir ?

La Fédération Nationale Solidarité des Femmes (FNSF) lance de son côté une campagne beaucoup plus trash... Un spot sur la responsabilisation des proches ou des témoins de violences conjugales. Le slogan ? "Violences conjugales se taire c'est participer." (agence W&Cie).





Il y a également une série de spots radio sur le même thème, mettant en scène des personnes qui entendent une femme se faire violenter et qui poursuivent leur conversation, comme si rien ne s'était passé. Ces campagnes sont fortes et leur propos et juste. Simplement, elles devraient aussi informer le public sur ce qu'il faut faire si, effectivement, on a connaissance d'un cas de violence. Il ne s'agit pas seulement de choquer et d'interpeller mais aussi de mobiliser.

Cette année une autre campagne chez nos voisins néerlandais a fait beaucoup parler d'elle. Il s'agit d'une communication du Ministère de la Justice et de la Santé. La campagne est basée sur le lancement d'une nouvelle marque, MySecretCosmetics, proposant des produits pour camoufler les traces de coups... Le dispositif comporte un webshop factice, et le message a été relayé en TV et radio.

My Secrets Cosmetics

Alors, manifestation symbolique, responsabilisation en mode trash ou humour ? Tous les moyens sont bons pour faire changer la situation...

15/11/2010

Martini Gold - better than Dita ?

Encore plus glam que Dita von Teese pour Perrier, voici... Monica Belluci et Dolce&Gabbana pour Martini. Une collaboration à l'italienne, qui pour toucher les femmes entre 25 et 35 ans, joue de tous les codes du luxe...



Un packaging comme un oscar, boîte noire avec une plaque dorée vissée qui s'ouvre comme un fourreau pour dévoiler une bouteille... gold. Plus bling, on meurt ? On dira que Martini a fait là le choix de la quintessence du luxe, tout codes utiles sortis. Beau comme un parfum, le flacon ne vante pas la créativité du duo italien, c'est certain...

Ce Gold est une nouvelle recette de Martini, contenant des épices et arômes rares et précieux. Il est  disponible chez D&G et en sélectif depuis septembre au prix de 23 euros la bouteille (trois fois plus cher que le Martini classique).



D&G revendiquent leurs origines italiennes, ainsi que la bella bellissima. Le tout est filmé à la manière de Dolce Vita, dans le Rome des années 1950. Le spot est réalisé par Jonas Akerlund (réalisateur de clips de Madonna et Lady Gaga). Certes, on enchaîne les clichés. 


Le dispositif média est signé Universal McCann (sauf info contraire). Après les premières images publiées l'été dernier, on peut voir le spot sur les écrans de cinéma depuis fin octobre. Il y a aussi un site, gold sur fond noir of course, qui pourrait sembler au premier coup d'oeil un simple faire valoir du film. Mais c'est aussi une invitation au voyage pour découvrir les mille et un ingrédients de la recette... a la fois très jet set et très artisan.

04/10/2010

BEST OF NON PROFIT : Powa

Un spot vu au cinéma (MK2) de l'association sud-africaine POWA (People Opposing Women Abuse) qui est dans la lignée de celle de Ni Putes Ni Soumises, une veine très réaliste et impliquante, entre documentaire et "real TV" jouant sur la position de spectateur (Ogilvy S-A).

28/09/2010

La taille mannequin c'est démodé

Spotté sur le blog de la célèbre et sympathique Big Beauty, ce visuel pour une marque de lingerie :



J'ai vu cette campagne en 4x3 en banlieue parisienne, elle m'avait tout de suite interpellée... J'avoue qu'on premier abord je n'avais pas bien compris de quoi il s'agissait ! La marque s'appelle "Sans Complexe", je ne la connaissais pas. Ce nom pourrait tout aussi bien renvoyer à une asso, ou un site promotionnel pour une autre marque... Entre les débats sur les (mes)usages de Photoshop et les magazines féminins se targuant de faire poser des fille "rondes" (i.e. au delà de la taille 34), je trouve cette affiche fort bienvenue : simple, directe, et pleine de bonne humeur !!


Cette opération comporte aussi un site web. Le design est à la fois chic et pétillant, l'éditorial de qualité et très vivant ("bons plans", interview...). Je ne suis pas dans la cible et j'adhère !!

23/09/2010

Best of NON PROFIT : Ni Putes Ni Soumises

Je commence un petit best of thématique, je soutiens une association et, bien sûr, les campagnes "non profit" m'intéressent particulièrement.

Ni Putes Ni Soumises défend une cause qui me touche beaucoup, mais sa surmédiatisation lui donne un visage parfois démago à mes yeux... Trop de polémique tue le message ? Leur communication récente m'a donné une nouvelle vision. Deux de leur apparitions, sur nos murs et sur nos écrans :

J'ai remarqué leur campagne d'affichage au début de l'été (réalisée gracieusement par BETC Euro RSCG) simple, efficace et impactante. Elle est très graphique et évite le misérabilisme, tout en montrant le paradoxe au coeur de la violence conjugale : on ne bat pas sa compagne parce qu'on ne l'aime pas, mais parce qu'on l'aime... mal.


Leur campagne web (Publicis) sortie tout récemment est encore plus forte. Elle est basée sur un site qui plagie "chatroulette". Je ne vous spoile pas le choc, mais vous recommande d'aller sur le site de la campagne : http://doyouchat.com/
J'espère qu'elle va faire du buzz.

Spotté sur le blog du Flaneur Digital.

04/08/2010

La Chrysalide d'Asmae à Bobigny


Les jeunes femmes sont les premières touchées par la précarité, la misère, l’exclusion et la violence. Plus encore, les jeunes femmes avec enfants. Je suis une jeune femme, j’ai échappé à tout ça. Et j’ai eu la chance de rencontrer Asmae, l’ONG de Sœur Emmanuelle, et en particulier l’équipe de la Chrysalide, le centre maternel que l’association a ouvert à Bobigny. Ici vivent des jeunes femmes, souvent plus jeunes que moi, avec un ou deux enfants. Comment élever son enfant lorsqu’on est soi même en péril, sans revenu, sans toit, en rupture avec sa famille et les institutions ? Au fil de leurs parcours chaotiques, elles finissent parfois par être séparées de leurs enfants, placés dans des familles d’accueil. Le centre maternel accueille mère et enfants pour un à deux ans afin de leur permettre de repartir dans la vie.
Sabine Pirrovani a conçu le projet et dirige aujourd’hui le centre maternel. En fin de journée, depuis les fenêtres de son bureau coloré, on voit arriver des jeunes femmes avec des poussettes et une nuée d’enfants. Parfois, un homme les accompagne. Les petits courent, jouent et collent le nez à la vitre. C’est l’heure du retour de l’école, ou de chez l’assistante maternelle à qui les bébés sont confiés pendant la journée. Un rituel précieux pour des enfants souvent en mal de repère.

Pour les mamans, le séjour à la Chrysalide est un moment pour réfléchir à leur parcours et se reconstruire. Pour la première fois de leur vie, elles ne sont plus aux abois et peuvent penser à l’avenir. Elles sont hébergées, chacune dans leur studio avec leurs enfants. Avec les éducateurs, elles montent leur projet professionnel : suivre une formation, choisir un métier…

Le centre maternel permet aussi de se retrouver en famille, et de retisser des liens familiaux malmenés par l’expérience de l’exclusion. Car le développement et l’éducation des enfants est au cœur du centre. Le projet inclut une crèche, l’Ile aux Enfants, espace d’accompagnement et de dialogue avec les professionnels de l’enfance. Petit à petit, les jeunes femmes nouent des rapports plus apaisés avec leurs enfants, prennent conscience de leurs besoins et de leur responsabilité.

Le soir tombe, les poussettes sont rangées dans leur abri au fond de la cour. On entend de la musique dans les étages. Pour Sabine Pirrovani, la journée n’est pas finie : c’est l’heure de la réunion d’équipe. Et la nuit aussi peut réserver des surprises…

Asmae-Association Sœur Emmanuelle fête cette année ses 30 ans. Nous avons édité des portraits vidéo pour illuster l'action de l'association à travers le monde. Vous pouvez rencontrer l’équipe et les résidentes de la Chrysalide ici.

19/07/2010

Perrier by Dita : coup de glam' !

Perrier, belle vieille marque du groupe Nestlé (et donc cousine de Contrex, Vittel et Valvert), date de la fin du XIXe siècle. Pour sa campagne d'été elle a choisi Dita Von Teese, danseuse "burlesque" - une strip teaseuse mais version chic, soft et rétro. Où la vénérable marque de boisson pétillante a-t'elle mis les pieds ?!


La campagne 2009 était déjà très sexy :





Avec sa bouteille un rien gironde et ses bulles rondes, Perrier a toujours eu ce côté glamour. Vous souvenez-vous de la campagne 1997 avec Edith Piaf (déjà par Ogilvy) ? Le thème du désir, la touche rétro et les pin up étaient déjà présentes.



Mais la version 2010 apporte autre chose : en optant pour la beauté rétro de Dita Von Teese, Perrier renoue avec son passé, assume son àge et ses origines... Marquant ainsi sa différence. Avec les hectolitres de fraîcheur et les tonnes de femmes dénudées qui se déversent sur nos murs dès le mois de mai, c'est bienvenu ! La comparaison me semble évidente : on passe du "porno chic" façon Dolce et Gabbana à une beauté sophistiquée et... pas si dénudée en comparaison. L'image de Dita est beaucoup moins réaliste - pas de poses vautrées, de peau luisante et de cheveux décoiffés façon sortie-du-lit. A l'opposé, de la maîtrise, une peau poudrée, une apparence chorégraphiée. L'image de la femme devient beaucoup plus graphique, contrastée, épurée... et du coup plus pure.




Sans compter la touche arty liée à la réalisation (Andy Warhol es-tu là ? MissTic es-tu là ?) mais aussi à la personnalité  de Dita Von Teese - elle fait acte de présence dans les magazines people mais restant un peu underground, créative, innovante... sa vie personnelle ne s'étale pas partout non plus ! 

Enfin, la collaboration ne se résume pas au placage d'une icône glamour sur des affiches. Non seulement la belle s'installe carrément sur les bouteilles et canettes, mais elle nous invite vraiment dans son univers. On pourra découvrir la "Perrier Mansion", installée dans un hotel particulier de Montmartre entièrement relooké.

Le site web vaut le coup d'oeil, très belles image et superbe mise en lumière dignes du luxe. Il distille une atmosphère nocturne, qui constitue une rupture avec la communication jusque là très solaire de Perrier.
On croirait presque boire du champagne à la place de notre Perrier-tranche habituel !