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04/08/2010
La Chrysalide d'Asmae à Bobigny
Les jeunes femmes sont les premières touchées par la précarité, la misère, l’exclusion et la violence. Plus encore, les jeunes femmes avec enfants. Je suis une jeune femme, j’ai échappé à tout ça. Et j’ai eu la chance de rencontrer Asmae, l’ONG de Sœur Emmanuelle, et en particulier l’équipe de la Chrysalide, le centre maternel que l’association a ouvert à Bobigny. Ici vivent des jeunes femmes, souvent plus jeunes que moi, avec un ou deux enfants. Comment élever son enfant lorsqu’on est soi même en péril, sans revenu, sans toit, en rupture avec sa famille et les institutions ? Au fil de leurs parcours chaotiques, elles finissent parfois par être séparées de leurs enfants, placés dans des familles d’accueil. Le centre maternel accueille mère et enfants pour un à deux ans afin de leur permettre de repartir dans la vie.
Sabine Pirrovani a conçu le projet et dirige aujourd’hui le centre maternel. En fin de journée, depuis les fenêtres de son bureau coloré, on voit arriver des jeunes femmes avec des poussettes et une nuée d’enfants. Parfois, un homme les accompagne. Les petits courent, jouent et collent le nez à la vitre. C’est l’heure du retour de l’école, ou de chez l’assistante maternelle à qui les bébés sont confiés pendant la journée. Un rituel précieux pour des enfants souvent en mal de repère.
Pour les mamans, le séjour à la Chrysalide est un moment pour réfléchir à leur parcours et se reconstruire. Pour la première fois de leur vie, elles ne sont plus aux abois et peuvent penser à l’avenir. Elles sont hébergées, chacune dans leur studio avec leurs enfants. Avec les éducateurs, elles montent leur projet professionnel : suivre une formation, choisir un métier…
Le centre maternel permet aussi de se retrouver en famille, et de retisser des liens familiaux malmenés par l’expérience de l’exclusion. Car le développement et l’éducation des enfants est au cœur du centre. Le projet inclut une crèche, l’Ile aux Enfants, espace d’accompagnement et de dialogue avec les professionnels de l’enfance. Petit à petit, les jeunes femmes nouent des rapports plus apaisés avec leurs enfants, prennent conscience de leurs besoins et de leur responsabilité.
Le soir tombe, les poussettes sont rangées dans leur abri au fond de la cour. On entend de la musique dans les étages. Pour Sabine Pirrovani, la journée n’est pas finie : c’est l’heure de la réunion d’équipe. Et la nuit aussi peut réserver des surprises…
Asmae-Association Sœur Emmanuelle fête cette année ses 30 ans. Nous avons édité des portraits vidéo pour illuster l'action de l'association à travers le monde. Vous pouvez rencontrer l’équipe et les résidentes de la Chrysalide ici.
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09/07/2010
Soeur Emmanuelle I love you
"Association Asmae - Stagiaires Chargé de Communication"
Un coup d'oeil au site web, fort bien, c'est une ONG de développement consacrée aux enfants défavorisés. Paris Xe. Je postule, je vais à l'entretien, je suis reçue par une RH très pro et souriante puis par une Responsable Com non moins pro et souriante. La première a des cheveux blonds et bouclés comme un angelot, la seconde une cascade de cheveux bruns. Je suis prise. Je vais travailler 6 mois à communiquer pour Soeur Emmanuelle.
Mais si, vous savez, Soeur Emmanuelle, la religieuse en baskets funky qu'on a vue à la télé avec Jamel Debbouze, la petite copine de l'abbé Pierre !! Je suis plutôt athée et relativement de gauche, je ne porte pas de kilts et de socquettes blanches (à l'époque je portais même des piercings). ça tombe bien, Asmae est une ONG laïque et a-politique. C'est même l'un des espaces les plus respectueux des convictions de chacun que j'ai jamais connu. Quelques semaines plus tard, au coeur de l'été, je suis chargée d'escorter Soeur Emmanuelle à sa messe quotidienne, dans le VIIe arrondissement. Je rencontre un petit bout de femme ratatiné, volontaire et lumineuse. Le taxi qui nous prend en charge ne fait pas de commentaire mais ne me laisse pas payer la course. Une fois installée sur son banc, Soeur Emmanuelle me dis gentiment : "Tu n'es pas obligée de rester, hein ?! Allez, vas-y, vas prendre un café en attendant !".
Quelques mois plus tard, je suis partie en Inde, travailler avec les enfants dans un bidonville de Chennai. Mais c'est une autre histoire...
Six ans plus tard, je visite le Centre Maternel de Bobigny, toujours avec la même émotion. A cause de ces espoirs qui se construisent en dépit de toutes les difficultés. De l'intelligence de ces gens qui, au-delà de leur bonne conscience, essaient de rétablir un peu d'égalité et, pas après pas, de redonner de la dignité à des destins fracassés.
http://www.asmae.fr/
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