26/10/2010

Les visages de la nostalgie

Deux visages qui nous interpellent, par-delà les années et les clichés accumulés :
Alain Delon et Brigitte Bardot.



Dior a choisi une image de Delon, il y a quarante ans, pour promouvoir l'Eau Sauvage, grand classique masculin (photos JMPérier, 1966).
Lancel a opté pour Bardot, dans toute sa jeunesse et sa blondeur pour créer deux sac à mains "BB", version femme fatale et femme enfant...



Autre exemple tout récent, et sur un marché bien différent : Sophia Loren a été choisie pour incarner la marque culinaire haut de gamme Lagostina. Idem, une image non pas de la Sophia Loren actuelle mais de la femme qu'elle a été, au summum de sa beauté (photo de Alfred Eisenstaedt). 


Est-ce plus fort que Gaspard Ulliel et Laetitia Casta (pour rester sur des visages de par chez nous) ? Oui, sans doute, ces visages du passé apportent quelque chose de plus. (NB : j'adore Ulliel et la Casta, c'était juste pour comparer).

- Ce sont de belles personnes, fixées dans leur jeunesse, au sommet de leur séduction. Des égéries solaires, issues d'une époque plus insouciante, moins complexe. On peut remarquer que pour les deux femmes ce ne sont pas des photos très posées, très lisses, mais des images vivantes, souriantes, comme prises sur le vif. On est loin des moues boudeuses de nos magazines actuels. Vous avez dit nostalgie ?...

- Ce sont des bêtes de cinéma. Tous les trois, ce sont des acteurs, pas des comédiens, pas des mannequins, ils sont riches des rôles qu'ont leur a confié, des univers artistiques auxquels ils appartenaient. Oui oui, le cinéma à la cote...

- Ce sont de véritables idoles. Ce ne sont plus les personnes réelles (vous voyez la Brigitte Bardot droitiste, défendant les gentils animaux, vous?) mais ce qu'elles incarnent dans l'imaginaire collectif. Lagostina utilise l'image de ce que Sophia Loren peut représenter, la femme italienne, généreuse, spontanée, à la fois femme fatale et mama. Dans cette campagne print (DDB) Sophia Loren s'exprime, d'ailleurs : «Le principal ingrédient pour toute bonne cuisine familiale est l'amour. L'amour envers ceux pour qui vous cuisinez.». (Ah oui bien sûr, l'amorrrrre !). Ce faisant, les marques se hissent à la hauteur de leurs égéries, et se posent en légende.

- Ce sont des gages d'authenticité, de pérennitéCe sont des images durables. A l'époque il n'y avait pas la (sur)abondance d'images que nous connaissont aujourd'hui, les images étaient précieuses, magiques, sacralisées. D'ailleurs vous aurez noté que ces images sont en noir et blanc, en argentique. Delon pour Dior, ça nous change de Zidane, ou Johnny ou... Largo Winch ?

 A qui ça parle ? A ceux qui ce sont identifiés à ces visages, à l'époque, mais aussi au plus jeunes, envieux de ces personnalités phares et rayonnantes, fatigués des stars jetables qu'on leur impose sur tous les canaux.
(inspirés par un billet sur le Centre du Luxe)

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